Commentaires de B.BORDAS SHIHAN ( 2006 )
« Pendant
la cinquième année de l’époque Guang Xiu ( les années claires ) Zhen Jun
demanda au moine expert Ji Jin de lui enseigner l’art destiné à “rendre le
corps léger”. »
Ainsi commence l’aventure d’un maître d’arts martiaux.
Cela pourrait être le début d’un roman,
d’un film d’action, et pourtant, c’est ainsi que l’on demandait à un
Maître expert, de nous enseigner l’art
martial véritable.
« L’art de devenir léger ».
En effet, débarrassé de son ego, de ses
peurs, de ses boulimies diverses ( besoin de reconnaissance, envie de devenir
un Number one, avidité vénale, etc…) le pratiquant acquiert l’esprit et le
corps léger, attributs de tout bon pratiquant d’art martial Véritable.
Commentaires de B.BORDAS SHIHAN ( 1996 )
Beaucoup
croient encore fermement que la pratique de l’art martial consiste seulement à
exécuter des techniques de combat. En fait, c’est bien plus que cela, protéger
la vie et la paix constitue une pratique personnelle constante.
Je
tiens à vous livrer ces quelques textes secrets des Anciens Maîtres du temple
de SHAOLIN. Ce sont de très anciens textes, veuillez en tenir compte et les recevoir
avec la plus grande attention et le plus grand respect.
Lors de votre lecture, gardez à l’esprit que SOKE, au
JAPON, nous entraîne toujours le matin, à midi, ou le soir, qu’il promène ses
chiens tard le soir pendant près de deux heures, après qu’il ait dîner.
SOKE
nous demande de manger du riz brun
(riz complet) pour avoir de l’énergie disponible longtemps, de nous laver à
l’eau froide et de travailler souvent nos “GOGYO NO KATA”, seuls ( en solitaire
) de façon souple et circulaire afin de faire circuler librement et sans
violence notre KI. C’est pour cela qu’il insiste beaucoup sur le travail de la
souplesse et sur le contrôle de la respiration.
Dans
le nouveau règlement du BUJINKAN, SOKE souligne l’importance de FUDOSHIN, en
nous demandant de prendre refuge dans cette attitude (rester concentrer sur
cette pratique).
FUDOSHIN
signifie garder la tête froide, l’esprit serein et détaché, c’est à dire avoir
“le cœur et l’esprit calme”.
N’oubliez
pas non plus, que le nouveau nom de SOKE “HIZA MUNE” qui peut se lire aussi
“JUSHU” signifie “religion de la longévité” ( pratique à suivre pour une longue vie ).
Les
Maîtres de SHAOLIN considéraient la pratique du WUSHU ( art martial ) comme un
moyen de vivre longtemps et en bonne santé
(pour transmettre et protéger le DHARMA ).
Veuillez
garder tout cela à l’esprit en découvrant ces textes Chinois anciens. N’oubliez
pas que BODDHI DHARMA (DARUMA
DAISHI) venait d’Inde avant de s’installer à SHAOLIN et d’y instaurer ces
règles d’hygiène de vie.
Comme
vous le savez, TAKAMATSU Sensei a passé une bonne partie de sa vie en Chine, au
contact de Maîtres Chinois, et pratiquait une hygiène de vie semblable à celle décrite dans ces textes et l’a
transmise à HATSUMI SOKE.
De
plus, bon nombre des écoles que nous pratiquons au BUJINKAN ont été apportées
de Chine par des moines bouddhistes qui connaissaient forcement cet
enseignement, qui faisait partie de leur formation.
Pratiquer
l’hygiène de vie de cette manière fait partie intégrante de la pratique de
l’art martial. A quoi bon s’entraîner pendant toute sa jeunesse si l’on doit
mourir à 40 ans obèse d’un
infarctus ou du cancer du fumeur ?
Qu’aurions
nous à transmettre et quel modèle serions nous pour nos élèves ?
Les muscles du corps sont décontractés. Voici le
secret de l’art du poing:
“la
libre circulation du Qi est due à la détente. Si l’organisme contient le Qi en
quantité suffisante, la santé est bonne”.
Pendant le combat d’entraînement il faut contrôler et
gérer la circulation du Qi. Ceci permettra de réagir de façon adéquate aux
procédés et gardes de l’adversaire qui, en attaquant, porte des brusques coups
de main et de pied; Le Qi doit se déplacer dans l’organisme tantôt du haut en
bas, tantôt du bas en haut, tantôt de gauche à droite, tantôt de droite à
gauche. Ces passages du Qi sont appelés la transposition - le Huan Qi. Avant de
faire une telle transposition il faut relaxer le Qi, car seul le Qi relaxé peut
pénétrer sans obstacles dans tous les endroits de l’organisme, devient
obéissant, tandis que l’ordre donné au Qi l’envoie vers un endroit déterminé.
Telle est la fonction de la “détente” dans les gymnastiques respiratoires du
Qigong.
A l’âge de six ans le
Maître Zhen Jun entra au monastère Shaolin. Le moine Chun Zhi, Maître renommé
des Arts Martiaux, fût son enseignant. Pendant la cinquième année de l’époque
Guang Xiu (les années claires) Zhen Jun demanda au moine expert Ji jin de lui
enseigner l’art destiné à “rendre le corps léger”.
A partir de ce moment il se mit à étudier le Wushu (les Arts Martiaux) sous le
patronage de ce moine.
Durant toute
sa vie il ne prenait que de simples repas et s’entraînait perpétuellement.
Le deuxième secret des succès que Zhen Jun obtint en
s’entraînant en vue de rendre son corps léger c’était la méthode de se nourrir
appelée le Yang Sheng. Il fut végétarien et se perfectionnait dans la nutrition
suivant la méthode du Yang Sheng. Sans manger ni boire trop, il ne consommait
ni viande, ni vin et ne fumait pas.
Il ne irritait jamais l’Elément Feu du foie. Ce trait le distinguait des autres gens qui ont l’habitude de se fâcher, de se quereller et de se battre. Son but était d’aller au petit jour au-devant des étoiles et de faire cent pas après le repas. Il se levait toujours vers trois heures du matin, quittait le monastère par la porte du Nord et marchait à petits pas rapides jusqu’au sommet de la montagne Wurufen. Ensuite il revenait. Il lui fallait deux heures environ pour le faire. Après cette promenade il ne manquait pas à aller s’entraîner dans la salle. Tard dans la nuit, quand tout le monde s’endormait, il passait des heures à s’entraîner à la lumière des étoiles et de la lune. Pour le faire il sortait du monastère par la porte, aménagée dans la montagne, franchissait la montagne au-dessus de la petite salle et revenait par le palais du deuxième patriarche. C’était son emploi du temps durant toute sa vie.
ANCIEN SECRET.
Il est d’usage de nommer le Qi, la respiration, tandis que le
mouvement et le repos ont des liens avec le cœur. Pendant l’inspiration qui est
accompagnée du battement du cœur la force s’en va. La position dépourvue de
force est vide. Un autre battement du cœur accompagne l’expiration qui fait
affluer la force. Alors la position est pleine, on se sent fort. Le Coeur est
le Gouverneur de l’organisme et le Qi est son serviteur qui précède tout. Les
yeux sont des étendards S’ils ne voient pas clair, ils perdent de vue les
points de repères. Alors on cesse de comprendre la disposition de l’adversaire
et de distinguer le mouvement et le repos. Si l’ordre des inspirations et des
expirations est enfreint on est menacé de la défaite. Donc, une attention
particulière doit être attachée à la position des yeux. Les yeux jouent un
grand rôle dans a pratique des Arts Martiaux. Il faut perfectionner l’attitude
des yeux à voir la disposition de l’adversaire car La volonté obéit aux yeux.
Le battement du cœur doit
mettre en mouvement les cent articulations de l’organisme, et la force
essentielle de l’homme provient des poumons. Alors l’organisme de l’homme est
aussi énergique que le tigre, pendant le combat il pourra faire bouger les
montagnes et les mers. Il faut contrôler et réglementer la succession des
inspirations et des expirations, du mouvement et du repos en absorbant le Qi et
le concentrant. Chaque mouvement de l’organisme est imprégné du Qi Unique qui
donne la force et la rapidité pareilles à celles d’un singe. Alors la vitesse
du déplacement de l’homme est pareille à l’éclair qui traverse les cieux.
L’homme rayonne de joie que lui a donnée la victoire remportée dans les
combats.
Plusieurs générations de
moines de Shaolin, au cours de leur méditation, entraînement aux Arts Martiaux
et Recherches spirituelles ont élaboré une méthode complète pour renforcer la
Santé et prolonger la durée de vie, qui est décrite ci-dessous.
REPOS - JING
1. LA MEDITATION. Bien qu’on parle de la méditation, il s’agit en fait
d’exercices internes du Qigong. Ainsi, par exemple, les positions semi-lotus,
lotus, les positions debout et couchée sont favorables pour l’amélioration de
la circulation du Qi et du Sang, l’obtention de l’équilibre entre les
substances Yin et Yang; le renforcement du Zong Qi et Zhen Qi. Tout ceci rend
le corps sain et prolonge la durée de vie.
2. LE COEUR CALME.
L’obtention de l’Etat calme
du Cœur n’est possible que grâce au perfectionnement de l’Esprit. Le cœur est
le Gouverneur des organes internes, il gouverne les vaisseaux sanguins,
l’Esprit et la volonté. Si le cœur fonctionne bien, il n’y a pas de maladies,
les cinq organes Zang et les six organes Fu sont Sains et tout l’organisme est
en bonne santé. Si le Cœur est faible, la fonction du Sang est détériorée, ce
qui est la cause de maladies. Les 7 Etats émotionnels connues à la Médecine
chinoise traditionnelle (la joie; la colère; la
tristesse;
la rêverie; le chagrin;la peur et l’effroi ) sont étroitement liés à l’Etat du
Cœur.
Si le cœur est calme il n’y a pas de maladies. Ainsi le calme
fortifie le cœur.
3. L’ESPRIT CALME.
L’Esprit ne doit pas être
perturbé, car ceci cause des maladies. Ainsi les maux , de tête, l’insomnie, la
neurasthénie et d’autres maladies du cerveau sont causées par son affaiblissement.
Si l’esprit est pur, le cerveau est sain.
I. Les produits essentiels des moines SHAOLIN sont des céréales.
La ration journalière doit comprendre trois plats différents. Une fois par
semaine on doit changer de ration. Les repas doivent être réguliers.
2. Les légumes font partie intégrante de la ration des moines.
Les légumes sont cultivés, à l’intérieur du monastère. Au printemps on mange
beaucoup de légumes riches en vitamines.
3. Les boissons. Par
toutes les saisons de l’année on boit
beaucoup d’eau bouillie refroidie et du thé vert. Ceci prévient les
abcès et d’autres maladies et refroidit la chaleur interne. Une telle nourriture prévient l’obésité et les maladies et
permet aux moines de conserver une bonne santé et pratiquer le Wushu jusqu’a
l’âge de soixante-dix ans.
Un proverbe dit: “Celui qui fait cent pas après chaque repas, vivra jusqu’a l’âge de cent ans”. C’est pourquoi tous les moines pratiquent la marche après le repas.
Certains longent les murs du Palais de mille Bouddha, d’autres se promènent au bord de la rivière, d’autres encore vont dans les montagnes. On fait ces promenades chaque jour pendant plusieurs années.
ASSAINISSEMENT NATUREL DE 1’ ORGANISME
On aspire le Qi nouveau, on
évacue le Qi usé.
Les moines de Shaolin ont l’habitude
d’aller se promener pour aspirer l’air frais du
matin.
Ils se lèvent à l’heure de la quatrième relève et vont dans les
champs qui se trouvent derrière la montagne. Ils tournent le visage au Sud-Est
et pendant une heure aspirent l’air frais. Quelques mouvements faciles à faire
accompagnent l’inspiration.
On est debout: les genoux
joints, les jambes contractées. On lève les bras qui décrivent un cercle
ensuite on baisse les bras en s’inclinant et en expirant avec intensité. Le Qi
usé est évacué des poumons. Ensuite on lève lentement les deux bras et on se
redresse. Puis on relève légèrement les épaules; les bras décrivent encore un
cercle. A ce moment on fait une inspiration profonde. Chaque jour on répète Cet
exercice de 5 à 10 fois. Cet exercice permet d’ évacuer de l’organisme le Qi
usé et de recevoir le Qi nouveau. En outre; la cage thoracique se développe, le
volume des poumons augmente. C’est très utile pour la santé.
Lavage à l’eau
froide. Les moines aiment se
laver à l’eau froide. Tous les soirs avant d’aller au lit ils se
lavent le corps à l’eau froide puisée dans un petit ruisseau qui coule près de
la porte de la Montagne. En hiver on fait cette procédure à l’intérieur.
Ainsi on continue toute l’année. Le vénérable moine
Zhen Xiu suivait encore ces procédures deux ans avant la mort.
Bains de soleil. Zhen Xiu
disait:
“La Lune - le Yin, c’est le
repli, le Soleil -le Yang, c’est la
liberté, la mobilité”.
Les moines savent bien que les rayons du Soleil sont très utiles
pour la santé.
Aussi passent-ils tous les
matins, sauf les heures de la méditation (2—3 heures), sur un grand balcon pour
prendre des bains de soleil. C’est pourquoi plusieurs moines sont très bronzés.
PRATIQUE DES ARTS MARTIAUX
Pour les
moines de Shaolin les Arts Martiaux sont le moyen d’améliorer la santé et
d’atteindre la longévité.
Dés leur prime jeunesse, entrés au monastère,
ils commencent à s’exercer sous la direction d’un Maître. L’entraînement aux
Arts Martiaux est devenu systématique après l’ère des Tang. A partir de cette
époque les jeunes moines s’entraînent 3 fois par jour. Ceux qui essaient
d’échapper sont punis. On les oblige à transporter du bois, on les laisse
agenouillés etc. La vie du monastère est très intense. Les exercices aux Arts
Martiaux se font selon un calendrier strict. Plus difficiles sont les
conditions, plus sévère est le contrôle. Plus désagréable est le milieu
d’habitat, plus concentrés doivent être les moines. L’emploi du temps rigoureux
de la vie du monastère oblige les moines à s’entraîner assidûment aux Arts
Martiaux, à perfectionner la maîtrise, à apprendre les secrets de cet art. On
ne pourra pas séparer les Arts Martiaux de l’organisme qui, à son tour, ne peut
pas être séparé des Arts Martiaux. On poursuit les études de jour en jour
durant plusieurs dizaines d’années. Une bonne santé
et une longue durée de vie en est le résultat.
