Une
découverte étonnante:
l’état
idéal de la vie
Rien ne
fut, rien ne sera;
Tout a sa
vie et appartient au présent.
En
principe, nous pourrions mettre fin au sujet du lâcher prise. Nous avons parlé
des attitudes les plus importantes et de leurs effets. Il y a cependant encore
beaucoup à dire sur ce thème. Toutes les attitudes que nous avons passées en
revue ont quelque chose de fondamental en commun. C’est ce que nous allons
essayer de découvrir maintenant.
Posez-vous
donc la question suivante: qu’est-ce que ces attitudes ont en commun —
non-acceptation, jugement, lutte etc...? Quel pourrait être leur plus petit dénominateur
commun?
Cherchons
la réponse à cette question à travers quelques exemples:
La
non-acceptation, qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie que je
n’accepte pas ce qui est MAINTENANT. Je voudrais que ce “maintenant” soit
différent ; peut-être tel qu’il était dans le passé ou tel que je
l’imagine pour l’avenir — mais pas comme il est MAINTENANT.
Les
comparaisons : soit je compare quelque chose qui est MAINTENANT avec quelque
chose qui était auparavant ou, avec quelque chose qui devrait être dans
l’avenir. Ou alors je me compare ICI avec une personne qui est AILLEURS.
Les
sentiments de culpabilité : dans ce cas, c’est mon passé qui influence mon
présent.
Sentez-vous
déjà quel pourrait être ce plus petit dénominateur commun ?
Toute
attitude qui conduit à des blocages ou à des pertes d’énergie ou encore à
une limitation de l’intelligence universelle, découle sans exception de la
résistance, d’un refus de lâcher prise et provient de l’intellect. Elle
reflète aussi l’incapacité de vivre dans le ICI et MAINTENANT.
En
conséquence, celui qui n’est pas capable de vivre dans le “ICI et
MAINTENANT” gaspille et bloque l’énergie et limite son intelligence.
Au
sens positif du terme, le lâcher prise n’est rien d’autre que :
La capacité de vivre dans le ICI et MAINTENANT.
Etre
incapable de vivre dans le ICI et MAINTENANT c’est ne pas accepter ce qui EST,
mais vivre constamment dans le passé ou dans le futur. Mais veuillez prendre en
considération ceci :
la vie ne se passe ni dans
le passé, ni dans l’avenir. La vie est MAINTENANT.
Il
n’existe rien d’autre que le MAINTENANT. Pour cette raison, la meilleure
chose que vous puissiez faire, c’est d’accepter le MAINTENANT. Alors, vous
êtes en accord avec la vie ; cela veut dire, sans conflit avec la vie. Alors
Vous disposez d’un maximum d’intelligence et d’énergie.
Comparez
cela à un commutateur électrique. Le courant (courant de vie) coule le plus
vite là où il n’y a pas de résistance. Tout débutant connaît cela.
Les
hommes sont comparables à des résistances Vous êtes-vous déjà demandé où
le courant coule le plus vite ? Selon toute logique, là où il y a le moins de
résistance. Et où trouve-t-on le moins de résistance ? Chez l’homme qui vit
dans le ICI et MAINTENANT. Dès que vous sortez du ICI et MAINTENANT, vous créez
la résistance et le conflit Cela freine le courant de la vie, cela freine la réalisation
de vos buts, cela freine la solution de vos problèmes (si vous en avez).
Vous
voyez que nous parlons là de phénomènes physiques. La vie dans le ICI et
MAINTENANT est une condition de vie physique optimale qui élimine la résistance.
Permettez-moi de préciser encore que cette condition idéale peut être encore
augmentée. Nous y reviendrons en traitant le thème de l’amour, mais je
souhaite encore vous signaler les recherches incroyables dans le domaine des
supraconducteurs. Ce que les physiciens essaient d’accomplir dans le domaine
du transfert d’énergie (absence de résistance), l’être humain l’atteint
en vivant dans le ICI et MAINTENANT.
Si
en tant que capitaine (intellect), j’ai clairement défini la destination de
mon navire, je n’ai plus besoin de penser au passé ou à l’avenir ; le
mieux que je puisse faire, c’est de vivre avec confiance dans le “ICI et
MAINTENANT”, sachant que tout ce qui EST est bien parce que c’EST, parce que
cela sert mon but. Mon intelligence universelle connaît non seulement ma
destination, mais aussi le meilleur chemin pour atteindre cette destination.
Je devrais donc cesser d’intervenir avec ma pensée intellectuelle limitée.
Lâcher prise signifie vivre dans le ICI et MAINTENANT.
Cela
signifie, laisser derrière soi le petit moi (l’ego, la première réalité,
l’intellect), pour laisser agir le grand MOI (La seconde réalité, la pensée
du cœur, Dieu).
Je
tiens à vous signaler qu’il existe d’autres termes qui décrivent le même
état d’esprit. Le bouddhisme Zen connaît par exemple les expressions “sans
intention”, “agir sans agir”. Dans le bouddhisme Zen, les exercices ont
pour but (intention ! ?) de ne pas laisser se manifester la moindre trace de
conscience du moi. La conscience du moi relève de l’intellect et dérange
ou bloque le comportement optimal. C’est pour cela que le bouddhiste Zen
aspire au vide intérieur (= absence de toute pensée).
Rappelons-nous
Lao-Tseu qui nous incite à AGIR SANS AGIR ( ! )
Si
vous vous souvenez encore comment j’ai rencontré ma femme, il ne me reste
qu’à dire : comme c’est vrai ! On ne peut pas faire plus.
Ou
bien pensons à Maître Eckhart, l’un des plus grands mystiques de la chrétienté.
Lui aussi a abordé ce thème :
“En dépendant de notre
propre moi, nous devenons un obstacle à nous — mêmes et ne pouvons pas
porter de fruits, nous sommes incapables de nous accomplir pleinement.
Maître Eckart disait cela vers
l’année 1300. Soit : 650 ans avant que le management ne découvre
le potentiel humain ! Mais encore aujourd’hui, huit managers sur dix ne sont
pas arrivés au niveau de l’année 1300. Ils font exactement le contraire des
recommandations de Maître Eckhart. Ils s’accrochent à leur petit moi et se
battent comme des lions, ne réalisant pas qu’ils représentent un
“obstacle” pour eux-mêmes et qu’ainsi, ils ne peuvent pas s’épanouir
pleinement. Les choses continuent à fonctionner plus ou moins bien, car la
plupart des autres managers violent eux aussi systématiquement les lois fondamentales
de la vie. Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. Mais attention au
moment où arrive celui qui a deux yeux !
Pour
Maître Eckhart le but était aussi de laisser derrière soi le petit moi limité
de l’intellect, afin que l’intelligence universelle existant en chacun
puisse s’épanouir.
Toutefois,
je vous fais remarquer que dans certaines circonstances, nous pratiquons tous
le “ICI et MAINTENANT”. Par exemple lorsque nous respirons. Je n’ai jamais
vu un être humain faire provision d’air en respirant. La respiration a toujours
lieu dans le “ICI et MAINTENANT”, avec la confiance qu’il y aura toujours
assez d’air.
Autre
exemple : lorsque nous jouons de la musique, nous ne pensons pas aux mesures qui
vont suivre dans les minutes à venir. Chaque note est jouée parce qu’elle
est à la bonne place. Chaque note est un MAINTENANT. Elle est là où elle est,
point. Mais dans nos vies, nous agissons tout à fait différemment. Souvent
(toujours ?), nous vivons pour un but. Nous faisons ceci ou cela aujourd’hui
parce que nous voulons atteindre quelque chose dans l’avenir. Et déjà, nous
sommes sortis du ICI et MAINTENANT — et déjà les résistances
s’installent, nous nous accrochons à gauche et à droite, par sécurité. En
dehors du “ICI et MAINTENANT” la vie n’offre aucune sécurité. Un désastre
peut arriver à chaque instant ; la glace peut rompre, le ciel peut
s’effondrer : contre tout cela nous devons nous assurer. La vie en dehors du
“ICI et MAINTENANT” est une menace constante. Notre esprit peut imaginer les
choses les plus folles, et puisqu’il en est capable — souvenez-vous du chapitre
action réaction — ces choses ont le plus souvent tendance à se produire.
Malgré nos assurances et nos comptes en banque bien garnis, une chose est
claire: hors du “ICI et MAINTENANT”, il n’existe aucune sécurité
valable. Hors du “ICI et MAINTENANT”, la sécurité est très fragile :
l’effondrement des valeurs boursières, une inondation, une guerre, une
maladie “mortelle”, et la sécurité est balayée.
Il
n’existe qu’une seule vraie sécurité, celle qui est présente en chaque
être humain.
Nous
atteignons cette sécurité totale en vivant dans le “ICI et MAINTENANT”. Si
nous nous en éloignons, ne serait-ce que d’une once, la sécurité disparaît.
Cela
n’est pas sans rappeler ce qu’écrivait le Maître Zen Dogen en 1227
dans le “ fukanzazengi ” :
Pour la diffusion universelle des principes de Zazen.
“ La
Voie est fondamentalement parfaite. Elle pénètre tout….Le véhicule du
Dharma est libre et dégagé de toute entrave, ….Il n’est jamais distinct de
quiconque, toujours là où l’on est.
Cependant s’il y a un fossé aussi étroit soit-il, la Voie
reste aussi éloignée que le ciel de la terre.
Si
l’on manifeste la moindre préférence, ou la moindre antipathie, l’esprit
se perd dans la confusion.
Rejetez
tout engagement et abandonnez toute affaire.
Ne
pensez pas : Ceci est bien, cela est mal. Ne prenez parti ni pour, ni
contre. Arrêtez tous les mouvements de l’esprit conscient.
Ne
jugez pas des pensées et des perspectives…. ”.